Regard sur l’art

ANDRÉAS SPITTELER

mardi 18 mai 2010

Andréas Spitteler

NOTES SUR MON TRAVAIL

DESSIN

En tant que sculpteur, le dessin fait naturellement partie de mes moyens d’expression. Réalisé et exposé pour la plupart du temps en position verticale, le dessin véhicule en soi le reflet, l’affirmation, l’identité de l’être humain. Ce médium et ce que j’y inscris contient à la fois une dimension d’ouverture vers un ailleurs et un état d’ici et maintenant.

Entre le matériel et l’immatériel, entre le ici et l’ailleurs, l’aspect de l’espace est pour ainsi dire au centre de mes travaux. Cette thématique c’est articulée pour moi naturellement et provient en grande partie de mes formations de sculpteur sur pierre et de céramiste. Sculpter de la matière m’a amené à tenir compte de l’espace qui l’entoure et donc à associer le volume de l’espace à celui de la matière. L’espace que chacun peut explorer à travers son environnement propre est ici considéré comme volume sculptural, associé à de la matière.

Cette notion d’espace entoure mon corps, et je cherche à m’orienter en créant des points de repères qui me donnent une conscience des différents lieux et leur relation entre eux. Ainsi se forment des terrains et territoires qui l’obligent à considérer l’autre. Et entre cet autre et moi-même se forme une ligne, une limite. Tout être humain va naturellement, à un moment donné marquer son lieu (sculpture).

Mon intérêt est particulièrement attiré par cette notion de définition d’espaces. Entre ce qui sépare ces lieux / espaces, un certain « horizon » se constitue. L’horizon m’apparaît, dans un sens large, comme une chose à la fois matérielle et immatérielle, séparant le ici et le ailleurs et révèle ainsi la simultanéité des lieux et ce qu’il s’y passe.

Questionner et exprimer la notion de l’autre, de l’ailleurs, par rapport à ici, à moi, me semble important quand à l’acceptation, la tolérance et le respect entre humains.

Je veux à travers mes dessins, pièces et installations proposer et provoquer chez chacun un questionnement sur son rôle et son rapport à l’autre et à l’ailleurs.

Et exposer, c’est tenter d’élargir la portée de mon action et permettre au visiteur de l’approcher physiquement.

On parle de « entrer dans une image ».
Est-ce que l’image ne viendrait pas vers nous, dès qu’on la regarde ?
Le flux visuel de l’image vient vers moi, coule vers moi, vient finalement en moi, il me comble.
C’est un instant dans le temps où l’on s’immerge dans l’espace de l’image.
Cette image nourrit mes yeux, mon âme, mes sens, et mon corps se positionne en rapport avec l’espace réel.
Cet interaction / relation avec mon entourage m’anime et me permet de m’affirmer, de me réaliser.

L’image (le dessin que je produis) est un récipient et les bords de ces récipients (ellipses) sont des endroits et moments de passage entre derrière et devant, entre là-bas et ici, entre l’extérieur et l’intérieur, entre toi et moi...

La simultanéité des deux états est alors ‘imag’-inable, tangible. Et le moment et l’endroit précis entre les deux lieux serait indéfinissable, appelé « horizon ».

Parler de « dessin » à propos de mon travail me semble plus approprié, bien que exécuté aussi avec de la peinture et un pinceau sur du papier et souvent même sur une toile. C’est le geste, celui d’un trait sur une surface vierge, sans espace ou aplat de couleurs. Sans représentation d’espace, celui- ci est néanmoins évoqué à travers le dessin ; les formes que dessine ses traits sont souvent mises en perspective. Mais aussi au moyen de pliage du support (papier) lui-même. Quelquefois cet espace disparaît au profit d’un langage plus abstrait qui devient un moyen d’expression encore plus personnel.

Ces dessins n’emploient pas d’images préexistantes, ils créent leur propre imagerie. Ils me paraissent ainsi avoir un langage plus direct. Ce langage est à la fois immédiat et étendu, avec cette même sensation que l’horizon qui nous échappe dans l’instant où l’on tente de le saisir ; il nous échappe dans le même temps en un devant et un derrière. Mais cet horizon peut être renouvelé tant que l’on regarde, tant que l’on se déplace.

Soupe quotidienne

La table est une surélévation de la surface terrestre à hauteur humaine. Un ‘bol’ est posé sur la table, symbolisant le réceptacle dans lequel je me nourris. Ce récipient prend la forme d’une ‘parabole’. Il est à la fois récepteur et émetteur et peut me procurer aussi de la nourriture de l’esprit (-quotidienne de la TV, par exemple.. !).

Horizon

Et le bord de la parabole-récipient est un endroit et moment de passage

entre là-bas et ici,

entre derrière et devant,

entre extérieur et intérieur,

entre toi et moi...

La simultanéité des deux états-lieux est alors tangible. Et le moment et l’endroit précis, le bord, entre les deux lieux serait indéfinissable, appelé

Horizon.

Site Web : www.tomodul.com

Site web : www.alpha-arte.ch

Courriel : a.spitteler@yahoo.fr

Portfolio

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